Quelques retours d'expérience d'ateliers menés à la demande de lycées, collèges ou d'institutions du livre. Pour organiser un atelier dans votre structure, contactez-moi !
Parfois, on repart des ateliers avec un carnet plein de petits mots d'élèves qui font chaud au coeur... je les partage avec vous juste ici :

Mondes imaginaires (SF, fantasy, dystopie)

Un atelier consacré aux littératures de l'imaginaire, que j'ai expérimenté avec des publics variés (professionnels du livre, lycéens, particuliers) notamment à la bibliothèque de Tours, à la Villa Gillet, avec l'agence du livre de la Région Centre...

Cet atelier invite les participant.e.s à explorer les spécificités de l'écriture spéculative, en expérimentant notamment les techniques suivantes :
- worldbuilding (ou construction d'univers)
- création de personnages
- construction et rédaction d'une ou plusieurs scènes, en évitant les "grumeaux (merci U. K. Le Guin pour l'expression !)

Cette proposition peut être déclinée en un atelier de 3 heures ("express"), de 6h ou 12h pour un cycle plus conséquent.

Illustration de Paul Echegoyen pour Halanga, Les hommes-oiseaux ... ou de l'art du worldbuilding.

L'écriture collective à partir d'un univers fictionnel (fanfiction)

J'ai expérimenté cet atelier avec trois classes de 4eme grâce au dispositif « Raconte ! » de la Villa Gillet (Lyon). On peut facilement l'adapter à tout niveau.
Objectif : découvrir un univers fictionnel (ici c'était Halanga) puis écrire un texte collectif par classe à partir de celui-ci... un peu sur le principe des fanfictions.
Avec la Villa Gillet, les élèves enregistrent ensuite le texte sous forme de pièce sonore grâce à des comédiens et ingénieurs du son, ce qui ajoute une motivation car les pièces sont mises en avant sur le site de la Villa et pendant le festival Littérature live en mai ! 
Durée : 2h de rencontre-discussion puis 4h d'atelier

Etapes du travail

  • choix d'un personnage secondaire du récit qu'on va développer ensemble 
  • choix du contexte, de l'atmosphère recherchée, et des grands éléments de la scène qui sera décrite
  • insistance sur la psychologie des personnages ("pourquoi agissent-ils ainsi ?")
  • élaboration collective des étapes de cette scène (en insistant sur les liens logiques entre étapes pour éviter l'effet catalogue, en définissant une fin en point de mire, et en essayant de créer de la tension narrative)
  • phase d'écriture en petits groupes (chaque groupe prend en charge une étape)
  • mise en commun et discussions pour harmoniser l'ensemble (ton, charnières...)
  • relecture collective et corrections de détail


Points positifs :

  • Cet atelier permet d'inclure les élèves les plus faibles (j'ai eu des élèves qui ne savaient pas du tout écrire et ils ont participé activement à l'élaboration du récit). Ces élèves ont souvent de bonnes idées.
  • C'est finalement autant un temps d'analyse de ce qu'est un "bon" texte littéraire qu'un temps d'écriture (qu'est-ce qui permet d'accrocher le lecteur, de ne pas l'ennuyer, de rendre les personnages attachants ?) 
  • Ça permet de travailler l'argumentation car les choix divergent parfois... à chacun.e de justifier les siens de manière convaincante.
  • C'est un atelier qui met en avant la valeur du collectif (à plusieurs, on aboutit à un texte qui est meilleur, plus inventif ou plus profond). Ce n'est pas tant l'idée individuelle qui compte ici, mais la cohérence de l'ensemble. 


Points de vigilance :

  • Les participant.e.s ont tendance à aller vers un résumé d'éléments plutôt qu'une scène (beaucoup d'action, peu d'approfondissement) --> il faut donc les ramener à la scène en les interrogeant sur les détails, les émotions, les motivations des personnages, le décor... Cela les oblige à faire un travail de remémoration de ce qu'eux-même ont pu observer ou ressentir dans des contextes proches.
  • Il faut veiller à ne pas exclure les élèves les plus timides, essayer de leur donner la parole, de valoriser leurs idées afin que le texte soit vraiment l’œuvre du collectif.

Un autre point de vue : "faire paysage"

Atelier expérimenté à l'occasion d'un cycle Aux arts lycéens ! au lycée Marguerite de Navarre de Bourges, avec l'aide précieuse du documentaliste Benjamin Meyniel.

 

Nous sommes en hiver, dans une forêt de sapins, de bouleaux et de chênes. Une mésange est perchée sur la ramure du sapin. Le ciel est couvert. Il se met à pleuvoir. Une goutte d’eau tombe sur les branches. Sous le sapin, à l’aplomb des branches, une grosse pierre, de la mousse et une fourmilière, et bien sûr, les racines du sapin, l’humus avec les insectes et vers qui l’habitent, puis le sous-sol et la nappe phréatique…

Chacun.e raconte la scène du point de vue de l’un des éléments en se focalisant sur l'instant exact où il entre en contact avec la goutte d'eau.

  • Etape 1 : chaque participant.e tire au sort une petite étiquette où est mentionné "son" élément : goutte d'eau, mésange, sapin, mousse, pierre, terre, cloporte, fourmi,... On peut faire des papiers tout simples ou de jolies étiquettes
  • Etape 2 : on lit les textes à haute voix, puis chacun.e peut améliorer son texte à partir de ceux des autres (par ex. si "la goutte d'eau" a évoqué la sensation des piquants du sapin quand elle tombe dessus, "le sapin", lui, peut évoquer l'humidité de la goutte, le chatouillis...)
  • Etape 3 : on constitue une affiche en y collant ou recopiant chaque texte à sa place dans la trajectoire de la goutte d'eau. S'il y a des personnes douées en dessin, on peut dessiner le paysage à l'arrière-plan, sinon on peut faire un collage à partir de vieux magazines, livres...


Points positifs :

  • Un atelier poétique où l'imagination est la seule limite !
  • Un atelier qui oblige à se concentrer sur le microscopique et sur les sens.
  • On peut convoquer en écho des textes contemporains où des éléments non humains jouent un rôle (O. Tokarczuk, Dieu, le temps, les hommes et les anges ; C. Dupond-Monod, S'adapter...)
  • L'aspect visuel du résultat final, la possibilité d'allier arts plastiques et écriture.


Atelier d'écriture sur la communication : résultat final

Faire comprendre sans le dire.... un exercice ludique sur la communication !

Atelier expérimenté lors de la "semaine artistique" (oui, oui, une semaine entière d'écriture !) au lycée agricole d'Amboise, avec une classe de Terminales.

  • Etape 1

Chaque participant.e tire au sort un verbe ou un nom (une qualité, une façon d’être).

J'utilise des cartes du jeu "Camino" qui sont jolies et suggestives, mais on peut créer de petites étiquettes maison !

Consigne donnée ensuite : " Tu te trouves dans un paysage de ton choix (forêt, bord de fleuve, montagnes, champs, jardin…). En 10 lignes maximum, décris tes sensations, tes émotions et tes réactions (ce que tu fais). Tu dois essayer de suggérer le mot tiré au sort, mais sans jamais l'utiliser.

  • Etape 2

L'un.e des participant.e.s lit son texte à haute voix. Les autres essaient de deviner le mot tiré au sort et écrivent sur un petit papier un mot et un seul. On rassemble les papiers au centre de la table et on discute de nos réactions au texte. A-t-on trouvé le mot secret ?

Points positifs :

  • Cet atelier permet d'expérimenter sous forme rapide la situation énonciation-réception : quand j'écris, qu'est-ce que l'autre reçoit, comprend, ressent ? Cela correspond-il à ce que j'avais essayé d'instiller dans mon texte ? Si non, pourquoi ?
  • C'est un atelier qui peut être hyper ludique. Le moment clef c'est la mise en commun après l'étape 2. Si elle est bien menée, cela donne lieu à de bons échanges et parfois à de bons fous rires !


Point de vigilance : l'exercice peut paraître barbant ou artificiel si on ne gère pas bien l'étape 2. Oui, oui, je me répète, en fait le plus important ici, c'est la fin de l'atelier ! 

collage fait lors d'un atelier d'écriture
moodboard fait lors d'un atelier d'écriture
image composée lors d'un atelier d'écriture
collage fait par un élève de terminale

Atelier moodboards

Ci-dessus quelques réalisations des élèves de Tle du LPA d'Amboise

Les moodboards sont des collages reflétant l'atmosphère d'un univers fictionnel, faisant écho à une scène, ou tout simplement à notre... humeur du moment !
Je les utilise en miroir d'ateliers sur la fiction. C'est un bon moyen de donner à voir l'atmosphère du livre/texte qu'on est en train d'écrire et parfois cela permet même à la personne qui écrit d'en avoir une vision plus précise car moins abstraite.

Déroulé de l'atelier :

  • On prépare en amont un choix d'illustrations (vieux magazines ou livres, prospectus, cartes....) Il est important d'avoir un panel assez important d'images avec des designs diversifiés. 
  • Chaque participant.e choisit de manière intuitive des images qui lui parlent puis en extrait les couleurs ou les détails qui l'intéressent (ciseaux - colle - papier requis !)
  • Chacun.e réalise son collage.
  • On présente son collage au collectif en expliquant en quoi il fait écho à l'univers du texte écrit en parallèle.


Points positifs :

  • C'est un exercice qui permet de faire une pause bienvenue dans le contexte d'un atelier long (je l'ai utilisé par ex. dans un atelier de quatre jours avec des lycéens).
  • Il peut servir de brise-glace en amont d'une session d'écriture (on peut discuter tout en faisant son collage)
  • Il incite à présenter son univers fictionnel en partant de l'atmosphère qu'on cherche à créer plutôt qu'à partir d'un résumé de l'intrigue.


Points de vigilance :

  • Le moodboard n'a pas vocation à devenir une illustration des éléments du récit (il est plutôt une évocation, une façon suggestive de  "rêver" son univers fictionnel, en parallèle de la construction de l'intrigue ou des personnages).